Semaine Yeu 2010

Il était une fois, dans des temps très reculés, au large d’une contrée sauvage, la Vendée, une ile mystérieuse se devinant par temps clair et durant les nuits de pleine lune, on pouvait apercevoir les crépitements des feux des tribus barbares : cette île, c’était YEU. Désormais, les locaux, les estivants... tout le monde quoi... l’appelle l’île d’Yeu. Beaucoup moins mystérieux mais bon !!

Comme chaque année, vers la fin août, l’île voit arriver de vaillants gaillards et gaillardes, prêts à en découdre avec les éléments afin de pouvoir un bref instant voir, admirer les épaves se trouvant à des profondeurs abyssales (pas trop quand même...). Ces hommes et ces femmes (avec un grand H parque ce que cette année la représentation féminine avait augmentée de 100%) étaient vus par certains comme des nouveaux explorateurs, héros modernes capables de prouesses techniques avec un moral d’acier mais pour certains nous n'étions que de vulgaires badauds se la pétant revêtus de néoprène et avec une "aqua cité" digne d’une gueuse mal fichue... Ouais... En y regardant de plus près nous ressemblions plus à cela.... Trêve de blabla attaquons le compte rendu :

Ponton Bigue ou Armor 150 :

Premier jour (pas pour tout le monde car des heureux veinards avaient déjà commencé à titiller les tôles...) et belle journée pour commencer : ciel bleu, mer d’huile et direction le Ponton Bigue ou Armor 150. Bon ! Normalement le récit commence toujours par une anecdote... Ce coup-ci, mes camarades me voyant rongé par le stress et me disant «comment vais-je commencer mon compte rendu...» m’ont apportés sur un plateau de multiples souvenirs que je vais m’empresser de vous dévoiler....ah, ah, ah....

 

Tout le monde, équipement compris, attendait sur la cale que le zodiac arrive. Je regardais avec attention le pilote qui me semblait assez anxieux (par pudeur son nom ne sera pas révélé...). Il manœuvra correctement vers la cale mais s’engagea drôlement pour «accoster» : à ce moment je me dis « là, il se chie dessus ! ». Avec un léger sourire se dessinant sur mon visage (visiblement je n’étais pas le seul) le résultat ne s’est pas fait attendre : Thierry hurle : « NON, PAS COMME CA, MAIS VIRE, NON MAIS... MERDEEEEEE... » le reste n’est pas convenable à raconter.

Après embarquement nous nous dirigeons vers le Ponto Bigue. Descente le long du mouillage dan une eau sans une seule particule : un rêve. A 25m on commence à apercevoir les flotteurs de la barge. Contrairement à l’Azie qui est plus veille de 7 ans, cette épave commence à peine à être colonisée : des bans de tacauds sur le dessus, quelques congres dans les structures. Nous longeons un flotteur bâbord pour nous diriger vers l’avant où l’on trouve les chaines. Retour sur le flotteur tribord et puis le mat de charge avec ces poulies. Une petite ballade entre les flotteurs et nous sommes obligés de remonter pour faire nos paliers. Pour une première cette plongée était magnifique ! Pour certains, elle fut aussi le moyen de retrouver ces repères et de tester le lestage... (pas de commentaires supplémentaires mais au moins un de nous comprendra...).

Saint Eloi :

Lendemain, des creux de 3m ne nous ont pas empêchés de sortir sur le Saint Eloi : grave erreur... Malgré une sécu fiable, la mise à l’eau a été difficile et stressante : merde je n’ai pas pris ma bouteille auxiliaire pour l’étanche, re merde Thierry, n’a pas pris le détendeur avec son flexible pour l’étanche, re re merde équipé mais pas la ceinture de plombs.... Visu nul, plongée "touch and go" pour nous et à la surface plusieurs ont préférés nourrir les poisons... On va s’arrêter là et passer à la plongée du lendemain.

Au fait, j’ai oublié de signaler que cette année nous avons mis en place une organisation gonflage Trimix, Nitrox qui a généré un zéro faute : merci à Laurent, Thierry et moi même...

Azie :

Temps plus calme et direction l’Azie. Plusieurs palanquées s’afférent allant de l’air + déco (pour le haut de l’épave) et Trimix pour ceux allant au fond (env. 60m). Encore une fois, une très belle plongée : pour la première fois pour moi, nous commençons à l’opposé du côté des machines, godets... Le dessous des quilles bien lisse avec des congres et homards se baladant pour remonter ensuite tranquillement et passer de l’autre côté. Moins de faune que les autres années mais toujours aussi ludique et belle : un vrai coup de cœur !

Mc Collough :

Le temps n’est malheureusement pas au rendez vous : un clapot persistant nous oblige à changer notre plan et nous nous dirigeons vers une épave moins profonde, moins loin que prévue.

Beaucoup de particules à la descente et une luminosité relativement faible. Au fond, nous avons quelques dizaines de mètres de visibilité. Le mouillage étant entre le chargement et les machines nous décidons de nous diriger vers l’arrière : contrairement aux autres années, l’arrière commence à se désensabler un peu laissant apparaitre la structure arrière du navire. Nous remontons ensuite le long des cales en restant à l’abri d’un courant qui devenait, nous semble-t-il, de plus en plus fort. D’années en années les parois extérieures des cales se désagrègent de plus en plus. Arrivée à l’avant nous décidons de remonter tranquillement faire nos paliers.

Sequana :

Toujours un temps moyen (vent et houle) et toujours pas la possibilité d’aller au large taquiner les profondeurs.

 

Direction le Sequana : visibilité faible avec des particules. Plongée plus que moyenne car cette épave peut être magnifique avec de la visibilité. Le mouillage étant au niveau des machines nous sommes restés sur l’arrière. Difficile dans ces conditions de prendre de belles images. Franchement déçu nous commençons notre remontée après 20 minutes fond et là une surprise de taille : en me retournant pour voir si mon binôme de la semaine aller bien, je me suis retrouvé nez à nez avec Superman ou Superaquaman ! Bon la plongée n’a pas été totalement mauvaise... Après une séance de poses nous sortons à la surface avec une houle plus forte qu’au début... La remontée sur le zodiac fut un peu périlleuse et là encore certains estomacs n’ont pas appréciés...

Ce fut notre dernière plongée car le lendemain ce fut la tempête... Semaine un peu décevante mais joyeuse. Pour les personnes ne connaissant pas ces épaves nous visionnons avant chaque plongée quelques vidéos, faisions une rapide description de l’épave...

Nous nous améliorons dans l’organisation et prévoyons de refaire une semaine épave en 2011 avec peut être encore plus de monde...

Bonnes bulles en attendant.

 

Textes & photos de Frank Leloire