Armor 150 ou Ponton Bigue

Il s’agit d’un ponton de servitude : ponton bigue. C’est un catamaran de la société de travaux maritimes Armor, probablement coulé dans les années 70 alors qu’il était en remorque. Il servait à récupérer et soulever en surface les câbles transatlantiques en vue de leur réparation.

Lors de son naufrage, le ponton bigue s’est retourné à une profondeur de 40 45 mètres : exposant ses deux coques lisses réunies par un maillage de poutrelles de liaison. Il est possible de passer en plusieurs endroits sous les coques pour rentrer à l’intérieur. Les deux coques en acier sont liaisonnées par des profilés métalliques.

Engin de manutention flottant utilisé dans le levage des colis lourds. La partie levage, montée sur un ponton, est constituée d'une mâture prolongée d'une fléchette et de treuils commandant le levage et les mouvements d'affalement et de relevage de la mâture. Les déplacements en plan sont effectués sur le plan d'eau par des treuils de papillonnage ou par des propulseurs équipant le ponton. L'équilibrage au renversement est assuré par ballastage du ponton.

La hauteur de levage sous crochet varie, selon les engins entre 20 m et 200 m et suivant l'inclinaison de la mâture qui fixe la portée.

 

Michel Gordeeff

dessin H Marsaud
dessin H Marsaud

 

 

 

L'épave est récente et donc bien conservée. Elle repose sur du sable épais qui rend la visibilité souvent très bonne. Les coques retournées abritent une faune importante, et du fait de ses dimensions, on ne peut pas s'y perdre. Une plongée qui vaut pour le confort et la faune.

Plongée du 17 juillet 2017

Port Joinville, lundi 17 juillet 2017

 

C’est dans une Franche bonne humeur que nous quittons le port avec toujours une incertitude sur le site que nous allons visiter. La mer est plutôt agréable, le ciel est bleu et la météo est annoncée à se calmer encore un peu plus. « Alors, est-ce qu’on va sur l’Afrique ?! » lâche Bruno, motivé. Après cela, je le sais, ma contre-proposition de l’Armor 150 risque de ne pas engendre beaucoup d’écho dans l’équipage… mais j’ai bien envie de découvrir cette épave de ponton bigue que personne ne veut jamais plonger ! Je me lance. « Regardez, il y a quand même un peu de mer, si ça lève un peu plus on va se faire racasser au retour. On peut tenter l’Armor’ ? C’est moins loin et on a pas encore de photos ». Pas trop de réponse, si ce n’est Michel, qui ne plongera pas mais assurera notre sécu est qui est de mon côté (Merci Michou). ½ mille plus loin, Eric notre capitaine n’a toujours pas rentré de destination dans le GPS et on se repose la même question… mais les éléments sont avec moi. Un peu de ringue secoue l’étrave du Scorpanea et la perspective de faire la longue route vers l’Afrique dans ces conditions fait douter mes amis, surtout Claire qui a l’estomac aussi fragile que le miens. « On fera une sortie 2 plongées sur l’Afrique un jour de pétole » leur dis-je pour leur remonter le moral et les encourager à aller jeter l’ancre au-dessus de l’Armor 150 ! Ce que nous faisons quelques dizaines de minutes plus tard. « Ah ah ! Enfin, à moi le ponton bigue sur lequel aucun de mes copains ne voulait m’emmener ! ». Des « ouais, bof », des « ces 2 pauv’ coques retournées ? » ou encore des « la visi n’est jamais terrible, j’veux plus y aller »… voilà ce les réponses que j’avais toujours eu à la seule évocation de cette épave.

 

Ces quelques phrases raisonneront encore dans ma tête lors de la descente vers le fond mais pas longtemps car juste en dessous de la thermocline, à 25m de fond, nous distinguons déjà l’acier posé à peine 20 mètres plus bas . La visi est extra et l’épave, reposant à l’envers sur le sable, avec sa bigue tordue et affalée de tout son long, contraste esthétiquement avec le fond. Nous commençons la visite par l’extrémité de la bigue autour de laquelle un banc de tacauds partage l’espace avec quelques gros lieus. Nous tournons autour des énormes poulies puis nous faufilons à travers le nuage de tacauds pour repartir vers les 2 gigantesques flotteurs dont les treuils surélèvent légèrement les ponts sur le sable. Nous profitons de ce passage pour nous glisser à l'intérieur du flotteur tribord... Et là, commence une tout autre plongée ! Le volume est large et même s'ils sont énormes, les renforts de structure ne gênent absolument pas la promenade où plusieurs palanquées pourraient évoluer sans se bousculer. Quelques congres s'écartent devant nous, d'autres se cachent dans les enchevêtrement de chaines, de (très grosses !) manilles ou de câbles. C'est une explo sous-marine sous plafond particulièrement originale et ludique. Au pied de l'acier, la lumière extérieure qui se reflète sur le sable crée un beau halo bleu vert qu'il est impossible de manquer pour retrouver la sortie. Car ici, pour sortir, il faut descendre ! Examinant les quelques restes du passé de l'Armor, nous parcourons ainsi la totalité du flotteur puis ressortons à l'arrière de l'épave. Un petit "mât" ainsi qu'un gros morceau de filet reposent sur le sable avec au-dessus, quelques tacauds, insensibles à notre présence. D'ailleurs, ceux-ci enroulent la totalité de l'épave que nous parcourons plus classiquement entre les deux coques pour le retour. Nous croisons Eric et Claire, eux aussi en pleine promenade. A travers leur masque affichent comme nous un regard joyeux !

Nous profitons encore quelques minutes de la vue en entamant la remontée à petite vitesse. La visi nous permet d'admirer l'imposante masse d'acier couchée là depuis 1976. Une série de paliers où tellement contents de notre promenade nous échangeons une poignée de mains et un bisou (sur la joue !) avant qu'Eric et Claire nous rejoignent puis nous émergeons à la surface où c'est maintenant la pétole complète. Tandis que Michou approche avec le bateau, nous échangeons les premières impressions de cette originale plongée. "On aurait pu aller sur l'Afrique mais franchement, je ne regrette rien, quelle belle plongée !" me dit en substance Bruno, grand fan de l'Afrique... ma satisfaction en est encore plus grande ! Merci les copains pour cette virée !

 

Pascal

D'autres photos plus anciennes

Vidéos :


Images Fabrice Couraud en Buddy Inspiration

Images Michel Gordeeff


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Commentaires : 1
  • #1

    Samuel (mercredi, 23 août 2017 16:03)

    J'ai voulu aller testé mon sondeur helix 7g2. (20 août 2017)
    Je rentre les coordonnées du livre 60 épaves et après avoir tourné 2h30 rien trouvé.
    Cest avec tristesse que je fais demi tours. Si quelqu'un aurait les coordonnées en WGS84 je suis preneur.
    Amitié samuel

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