Le Locqueltas

Naufrage

 

Le 6 mai 1930, en fin d’après-midi, le chalutier Locqueltas quitte le port de Lorient à destination des lieux de pêche. Il est suivi par le cargo Formigny qui lui s’en va vers Brest. Il fait beau, la mer est belle et il n’y a à priori aucune raison qu’un abordage ai lieu. Pourtant, alors que les deux navires passent en face de Lomener, une incompréhension entre les deux capitaines va se révéler fatale pour le chalutier. Erreur d’appréciation du Formigny ou de navigation du Locqueltas… les rapports de mer divergent. Ce qui est sûr c’est qu’à la croisée des routes, le cargo aborde le chalutier sur le bâbord arrière. Ce retrouvant en travers face à l’étrave du Formigny, le Locqueltas accuse immédiatement une grande voie d’eau. La chaufferie rapidement envahie, le navire n’a plus aucune énergie pour lancer les pompes d’assèchement. Son commandant donne aussitôt l’ordre de l’abandonner. Les 10 hommes d’équipage s’en sortent sains et saufs tandis que le Locqueltas termine de sombrer.

L'épave, plongée le 5 septembre 2015

 

L’épave du Locqueltas repose par -15 mètres environ. Elle est posée sur un fond de sable et de vase qui ne demande qu’à se soulever au moindre coup de palme. L’épave elle-même est recouverte d’une couche de limon et l’ambiance peut vite se saturer. Est-ce pour cette raison que le petit chalutier ne reçoit que peu de visite et qu’il n’apparait dans aucun livre traitant des épaves du secteur ? S’il est vrai que photographier une « ferraille » dans une telle ambiance est mal aisé (c’est le photographe qui vous le dit !), la plongée exploration sur le Locqueltas, même dans ces conditions, est tout de même attrayante.

 

Pour un navire en bois reposant depuis 1930 à faible profondeur, son état de conservation peut étonner. Il reste des morceaux de membrures en bois, preuve qu’à l’époque, la qualité des matériaux était de rigueur. La petite machine à vapeur à deux pistons change des sempiternelles triple-expansion. Près d’elle, l’unique chaudière ne verra plus jamais un morceau de charbon. En échange, crustacés et congres habitent ses foyers et des gorgones sont fixées sur ses tubes à fumée. Sur bâbord, posé sur le fond, ce qui ressemble à un petit condenseur joue le solitaire. Légèrement sur l’avant, on ne reconnait pas immédiatement le treuil. Il a basculé, entrainant un morceau de pont avec lui. La cale avant n’est plus représentée que par ce qui ressemble à des pierres de lest. C’est à cet endroit que des restes de membrures dépassent du fond.

 

L’arrière de l’épave est surtout représenté par l’arbre d’hélice et l’hélice. La quadripale meurtrie, dont il manque une pale trône fièrement sur le fond. Le jour de notre plongée, elle avait attiré à elle un banc de petites sardines virevoltant et étincelant sous nos lampes.

 

Vous l’aurez compris, de par sa taille et la nature du fond sur lequel elle est posée, l’épave du Locqueltas se visite en petit comité. Si vous avez l’occasion de lui rendre visite, il serait dommage de vous en priver, elle mérite amplement la descente à 15 mètres de fond.

 

Pascal

Galerie photos :

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Commentaires : 1
  • #1

    Djm (vendredi, 20 novembre 2015 10:02)

    Aaaah ça ne vaut pas l'Afrique, mais dans 15 mètres d'eau, cela reste sympa et bien conservé pour l'époque.
    Quant aux photos, ne change rien c'est toujours aussi moche :) ...... quand je ne suis pas dessus, lol !