Le U-171

Le U-171 est un sous-marin allemand de type IX-C, à long rayon d’action. Construit à Brême, aux chantiers AG Weser, il est mis en service le 22 juillet 1941. Il mesure 76,8 mètres de long et 6,8 mètres de large. Sa machine renferme 2 moteurs diésels MAN de 2200 chevaux chacun ainsi que 2 moteurs électriques développant 1000 Chevaux à eux deux. Il peut atteindre la vitesse de 18,3 Nœuds en surface et 7,3 Nœuds en plongée. Sa profondeur de plongée maximale en service est de 165m.

 

Son équipage est de 52 marins. Il embarque 22 torpilles pour 4 tubes lance torpilles en proue et 2 tubes en poupe. Sur le pont trône un canon de 105mm et une batterie de 37mm. Deux mitrailleuses anti-aériennes équipent la plateforme du Kiosque.

 

Il reste un U-Boot de type IX-C encore en parfait état, le U-505. Pour le voir il faut malheureusement vous rendre au « Museum of Science and Industry » à Chicago Le lien relatif au U-505 : http://www.msichicago.org/whats-here/exhibits/u-505/

Historique

 

Le 17 juin 1942, sous les ordres du Kapitänleutnant Günther Pfeffer, il quitte le port de Kiel pour sa première patrouille au large des Etats-Unis et de l’Amérique centrale. Le 9 octobre, après 115 jours de mer durant lesquels il a envoyé 3 navires par le fond et résisté à une grenade anti sous-marine lâchée par un avion Américain, il fait surface dans le nord de Groix. Sa base de ralliement est celle de Keroman à Lorient, il ne l’atteindra jamais.

 

Le U-171 à 3 heures d’avance et le Sperrbrecher « Falke » chargé de lui ouvrir la route jusqu’à Lorient n’est pas encore là. Pfeffer décide alors de ne pas rester sur zone et d’aller à la rencontre de son escorte. Ce qu’il ne sait malheureusement pas c’est que quelques heures plus tôt, un avion de la RAF a largué des mines... L’un des engins magnétiques entre en contact avec la coque du sous-marin, ne lui faisant aucun cadeau.

 

L’explosion ouvre une large brèche. Le loup gris, blessé à mort sombre en quelques minutes, laissant juste le temps à 15 marins de s’échapper. La salle des machines est rapidement envahie par l’eau de mer, noyant les malheureux qui y étaient coincés. En salle des torpilles, l’espoir est encore présent. L’écoutille a été fermée à temps et 17 marins sont encore en vie. Le U-171 n’est posé qu’à 40 mètres à peine de profondeur, ce qui permet une évacuation. Munis de leur appareil respiratoire de sauvetage autonome, les marins ouvrent les vannes pour remplir leur compartiment et ainsi équilibrer les pressions. Chose faite, ils ouvrent l’écoutille qui termine de noyer le sous-marin. A présent sous l’eau et dans le noir, les rescapés s’extirpent l’un après l’autre de leur bâtiment. 15 d’entre eux gagneront la surface vivants, réalisant ainsi un des tous premiers exploits du genre.

 

Posé dans l’ouest de l’ile de Groix, le U-171 et l’âme de ses 22 marins demeureront seuls durant quatre décennies. Le 1er juillet 1982, lors d'une campagne d'essais de sonar, L’Eridan, un chasseur de mine de la Marine Nationale, détecte un écho. Des plongeurs sont rapidement envoyés... Le U-171 refait alors doucement surface dans l’histoire.

Une courte et non exhaustive description de l’épave

 

Le U-171 repose à moins de 3 milles nautiques dans l’ouest de l’ile de Groix. Il est posé incliné sur tribord sur un fond de sable et de roche. L’arrivée se fait généralement au niveau du kiosque, masse culminante de l’épave et qui ressort le mieux au sondeur. Le périscope d’attaque est encore visible, sa lentille à demie concrétionnée. La moitié arrière du sous-marin est en relatif bon état. La coque externe a fondu et expose la structure de la coque interne. L’écoutille arrière de chargement des torpilles est grande ouverte et inviterait les plus téméraires à y pénétrer mais non, n’y descendez surtout pas. Souvenez-vous, plusieurs marins y reposent pour toujours et l’épave étant déclarée cimetière militaire, il est interdit d’y pénétrer. De plus, (et surtout) les câbles et la ferraille entrelacés sont de véritables pièges à plongeurs. Par contre, ne vous interdisez surtout pas le coup d’œil depuis l’extérieur. Il en est de même pour la brèche que l’érosion à ouverte sur le tribord. En éclairant l’intérieur du sous-marin on distingue ce qui est sûrement le côté entrant des tubes lance-torpilles arrières. A la poupe, l’hélice tribord, rescapée, est visible. Puis émergent les restes des sorties des 2 tubes lance-torpilles, ils se confondent avec ceux des gouvernails de profondeur.

 

Sur l’avant du Kiosque, la cassure est franche. Le U-171 fût d’ailleurs retrouvé brisé en 2. La cloison étanche séparant le poste de commandement de l’avant est toujours bien en place. L’entrée du sas permet de voir l’intérieur du poste. Là encore c’est un mélange de métal et de fils électriques concrétionnés qui s’affiche. Le gros tiers avant est à l’état de ruine et ce pour une bonne raison : La Marine Nationale l’a pétardé dans les années 80 afin de supprimer le danger représenté par les torpilles encore présentes à bord. Néanmoins en s’aventurant au milieu de débris disséminés parmi les roches il est possible de voir quelques morceaux intéressant. Une des ancres est par exemple appuyée contre une roche. On la croirait presque posée là pour faire plaisir aux plongeurs et photographes sous-marins. Néanmoins, si la visibilité est mauvaise, mieux vaut ne pas trop s’écarter de l’épave au risque de se perdre.

 

Situé à une profondeur raisonnable et accessible aux N2, l’épave du U-171 est un classique de la région. Pour de nombreux plongeurs elle fait partie de ces épaves à inscrire sur le carnet de plongée au plus tôt après avoir décroché sa deuxième étoile. Il est vrai qu’un U-boot plongeable sans avoir besoin de réaliser une plongée tek n’est pas chose commune… et c’est un plaisir à ne pas bouder.

Plongée du 8 août 2015

 

C’est au départ de Lorient par une belle journée d’été qu’avec Jean-Philippe nous nous rendons sur la célèbre épave du U-171. Stéphane assurera notre sécu surface sous un très beau soleil et avec vue sur l’Ile de Groix. Nous basculons dans une eau bleue et limpide mais qui se charge brusquement à -25m. De la neige sous-marine tombe sur le loup gris et limite la visibilité à 6 mètres environ. Elle laisse tout de même bien passer les rayons du soleil. Si Jean-Phi’ a maintes fois plongé le sous-marin, pour ma part c’est la deuxième visite, la première datant de 2009… quand j’étais Niveau 2 (voir le chapitre au-dessus !). Je lui emboite donc le palmage.

 

De prime abord l’épave est relativement pauvre en faune. Un petit banc de tacauds se promène à l’ombre du kiosque, quelques crabes, un homard mais pas de lieu à l’horizon, la lumière des lampes ne révèle pas non plus mille couleurs au contraire d’autres épaves du secteur. Nous explorons la « ferraille » quand rapidement une petite paire d’antennes attire notre attention. Une langouste ! Puis quelques mètres plus loin, une autre, puis encore une autre ! Certes petites mais bien présentes, elles jalonneront notre exploration pour 2 tours d’épave. Le sympathique crustacé fait effectivement son retour dans les eaux bretonnes. Une bonne série de paliers dans le bleu et retour à la surface toujours baignée par un beau soleil Breton.

 

Pascal

Galerie photos :

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Commentaires : 2
  • #1

    Ivan (samedi, 15 août 2015 14:35)

    Superbes photos encore une fois ! :)
    ça doit être mythique comme exploration, et assez accessible comme vous dites

  • #2

    Damien (dimanche, 14 août 2016 16:51)

    J'en reviens mais on n'avait pas cette visibilité. Plutôt 4m. Vous avez eu une sacré veine et en plus, vous l'avez bien exploitée car vos photos sont magnifiques. Merci pour ce petit plus suite à ma plongée !