M486

dragueur de mine de type M40 du convoi 4121 coulé entre Noirmoutier et Yeu à l'été 1944.

 

Le M-486 est construit sur les chantiers Veschure a AMSTERDAN en Hollande en octobre 1942, il est mit en service au sein de la 26 éme flottille le 3 décembre 1942. Il mesure 62, 30 M et 8,9 mètres de large, il est lui aussi propulsé par 2 machines triples expansions et 2 chaudières SCHULTZ, son armement est quasiment identique à celui du M-263.

 

Le 6 août 1944 Ils font partie du convoi 4121 qui regroupe 7 navires , le OTTO, l' HOHEWEG, le V-414, le M-263, le M-486, le SG-3 JUPITER Aviso de 1370 tonneaux sous les ordres du cdt KLOTBACH et un petit caboteur. Ils quittent la port de saint-St-Nazaire dans la nuit du 5 au 6 août pour la Pallice oû ils doivent débarquer des munitions. au petit matin ils sont pris en chasse par la force 26 composé d' un croiseur « le BELLONA » des destroyers « TARTAR et ASHANTI » de nationalités Anglaise et de deux destroyers Canadiens « l'HAÏDA et le HURON »

 

A 13heures 45 la force 26 ouvre le feu sur les 7 bâtiments à 14 heures 6 d'entre eux sont envoyés par le fond seul le SG- 3 alors en tête de convoi en réchappe de justesse tant l'équilibre des forces est totalement inégale. Il sera coulé le jour même à 21 heures 57 dans la rade des Sables d'Olonne par la R-A-F.

Son épave

Le M486 a la particularité d'avoir coulé coque en l'air. La plongée est plus délicate que sur le M263, il est légèrement plus profond  58 mètres et est placé dans une zone où l'eau est moins claire. Il est nécessaire de prendre ses repères car la coque lisse fait perdre l'orientation. Par contre ses cales béantes méritent vraiment le détour et l'on peut se promener par les ouvertures dans la coque. Se méfier du courant qui peut être violent.

Video :


Plongée du 25 juillet 2016

Bascule arrière en compagnie de Jean-Marc, depuis le franc bord de son bateau, le "J'M TI TIEN". Deux heures plus tôt nous mettions le bateau à l'eau sur la cale du port de plaisance de Port Joinville. La mer, à peine plate à certains moment de notre navigation, a bien failli nous faire changer de plan en écourtant notre route pour nous immerger sur le Katina ou le Boa Vista. Mais non, notre volonté et les bancs de dauphins qui nous emmenaient toujours plus au large ont été plus forts et c'est bien au M486 que nous descendons rendre visite. Il faut d'abord traverser la couche de grosse neige sous-marine, décidément bien tenace cette saison, puis se laisser tomber encore quelques dizaines de mètres.

 

Nous arrivons et le découvrons, dans la pénombre. Il est bien là, posé à l'envers, le fameux dragueur de mine de la Kriegsmarine qui, la nuit du 5 au 6 août 1944, fut envoyé par le fond en quelques minutes sous un déluge d'obus alliés. Depuis, il git là à 60m de fond sur le sable du large. La tôle de ses flancs et de son bordé de fond ont bien souffert de ses décennies d'immersion et de larges brèches permettent de voir ses entrailles voire d'y pénétrer.

 

Nous commençons par le survoler jusqu'à la poupe car je veux les voir, ses deux hélices, séparées par le safran encore à poste. Ce dernier indique d'ailleurs un quasi parfait "barre à 0". Nous les contournons tranquillement, le temps de les immortaliser, avant qu'une tempête d'hiver ou un coup de chalut appuyé ne les arrache à l'épave. A noter que l'hélice bâbord a déjà été amputée d'une pale, semble-t'il par un chalut puisqu'un morceau du coupable est resté sur le lieu du crime.

 

Nous longeons la coque d'acier qui a de plus en plus des allures de squelette pour arriver à une ouverture béante sur le flanc tribord. Celle-ci, positionnée juste sur l'avant des chaudières donne accès à ce qui devait être le poste équipage et autres locaux de vie. Nous entrons. Nos lampes illuminent ce qui d'habitude demeure dans l'ombre et c'est un spectacle magnifique. De gros œillets blancs ont colonisé les structures verticales et les corynactis décorent le pont. Ici, tout n'est que mélange de blanc, jaune et orange. Le bleu des congres, que nous avons dérangés en pleine sieste ou chasse se fait furtif et fuyant, les rayures argentées des tacauds rasent le fond. Nous prenons quelques minutes pour avancer tranquillement dans cette grotte artificielle, immergée lors d'un inégal combat naval et modelée depuis par 72 ans de colonisation sous-marine. Les entrailles du feu M486 offrent une étonnante et superbe plongée sous plafond où il faut avoir le nez plus en l'air que vers le fond.

 

Mais comme toujours, nos ordinateurs sont là pour nous ramener à la réalité : nous sommes ici en touriste et à cette profondeur la visite est courte. Nous sortons du M486 et retrouvons notre mouillage. Durant la série de paliers, un visiteur aussi curieux que nous nous rendra visite et fera passer le temps un peu plus vite que d'habitude. En attendant, nous saluons du regard le vieux dragueur de mines englouti devenu récif artificiel. Lui qui fut envoyé ici bas par fait de guerre, est devenu un havre de paix (ou presque) sous-marine.

 

Pascal

Plongée du 3 septembre 2012

Fin de journée
Bien fatigué, mais bien content de ma journée, entre les dépannages du
matin et ceux du soir, j'ai réussi à m'échapper en direction du M486
durant quelques heures.
Le M486, un dragueur de mine de la 2ème guerre mondiale, le navire est
retourné sur le fond à 60 mètres de profondeur et pour couronner le tout
, elle se trouve à plus de 18 milles de notre point de départ.
Quel intérêt de faire autant de route pour voir une coque à l'envers et
manger du palier pour pas grand chose ?
Et bien détrompez vous, j'en rêve presque toutes les nuits ! Et oui ,
j'en suis tombé amoureux cette année, j'ai découvert une partie de ses
secrets ....
Effectivement si l'on se contente d'en faire le tour, cela ressemble à
une coque de sous marin, très fermée et très limitée en faune et en flore.
Par contre si l'on ose s'aventurer à l'intérieur, ce qui ne présente que
peu de danger, alors on entre dans un autre monde ...
Rendez vous à 11h00 ce matin, Nicolas m'attends, Bruno et Michel ne sont
pas là, la météo un peu moyenne les aurait peut être découragé ?
Non, les voilà qui arrivent un pack de bière à la main, élément
indispensable pour terminer agréablement une décompression, je l'ai
souvent conseillé pour un retour convivial.
Nous sommes partis, les petits moutons sur l'eau ne sont pas très
rassurants pour faire notre heure de route, mais finalement, notre
esquif semble les avaler sans trop de soubresauts.
Là, je me dit en moi même, c'est bon, on va pouvoir se la faire ...
Nicolas a été désigné pour m'accompagner, Bruno et Michel difficilement
séparables nous suivront après notre remontée.
La visi en surface est moyenne, un très léger courant, mais ce n'est pas
cela qui va nous gêner pour aller admirer notre coque retournée.
La descente se fait sans soucis et plus on approche du fond, plus on se
demande quelle sera la visi arrivé en bas ... Ca y' est elle apparait
devant nous, comme Nicolas l'a si bien dit sur le bateau, c'est comme
les dessins dans les livres...
Bon, il exagère un peu, les 20 mètres de visibilité nous permettent de
voir une grande partie de l'épave, mais hélas pas dans son intégralité.
Un lieu énorme en dessous de moi et je plonge dans la brèche au milieu
du navire, nous pénétrons dans une légère pénombre que les phares
transforment immédiatement en grand spectacle.
Les congres sont là, au milieu des parois tapissées d'oeillets, ces
anémones blanches qui colonisent ce décor. Il suffit maintenant de
regarder autour, en bas, sur les cotés et au plafond, partout il y a
quelque chose à voir, là un stock de bouteilles, là un homard, là un
étrange encadrement avec des objets suspendus au plafond, euh ... ben
non c'est le fond de la coque puisque tout est à l'envers.
Nous ressortons sur le coté babord, c'est à dire le coté droit en
regardant l'avant et oui, on est toujours à l'envers.
Nous apercevons maintenant le croisement d'un lieu avec un congre,
certains préfèrent appeler ça une julienne...
Bientôt l'étrave, et demi tour vers le mouillage, je dégage l'ancre des
membrures. Il nous reste quelques minutes, juste ce qu'il faut pour
aller rapidement montrer les 2 hélices à Nicolas.
La c'est fini, départ de l'arrière, l'excellente visibilité va nous
permettre de rejoindre le mouillage en commençant notre remontée.
Un dernier coup d'oeil en arrière, une dernière émotion avant les
paliers et dès le retour en surface, nous recommençons notre plongée en
commentaires ....
Bonne fin de soirée
Jean-Marc


Plongées 2012 : première vidéo de Laurent Calmette

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Commentaires : 6
  • #1

    bruno (mercredi, 05 septembre 2012 08:13)

    bravo messieurs
    jolie texte de jean marc sur une belle vidéo, que demander de mieux !!!

  • #2

    Nanou (mercredi, 12 septembre 2012 10:39)

    Merci a vous de nous faire découvrir ce monde sous marin.
    Un nouveau talent d' écrivain pour Mon DJM...Ne rêve pas trop la nuit, Linda va être jalouse !!!!!

  • #3

    Pascal (mercredi, 12 septembre 2012 18:25)

    La tôle, les lieux, les congres... l'ambiance. Superbe comme d'hab' !

  • #4

    François (dimanche, 16 septembre 2012 09:07)

    Superbe plongée,
    Seb tu mets ça au programme pour l'été 2013 ?
    On vérifiera que le sandpiper n'est pas dans le coin ;0)
    Francois

  • #5

    dark angel (mardi, 25 juin 2013 07:58)

    bravo lolo tu es en bonne voie
    belle video sur une épave que tu affectionne visiblement !
    bravo

  • #6

    JM (mardi, 25 juin 2013 12:56)

    Chapeau
    Ca été long, mais comme on le dit souvent, plus c'est long, plus c'est bon !
    A bientôt, pour de belles vidéos ....