John G. Mc Cullough

 Historique :

 

C'est un cargo américain réquisitionné en 1917 pour le compte de la Steamship CO New-York US Army transport. Il est commandé par le capitaine Frederick W. HATSWELL.

Le vapeur quitte le port de Londres le 8 mai 1918 avec à son bord 936 tonnes de matériel de guerre pour les troupes américaines basées en France à destination du port de Rochefort.

Les instructions de route sont communiquées le jour même par la division des patrouilles de Bretagne: ”Passer par le raz de Sein, naviguer le long de terre. Après Quiberon, suivre le bâtiment d’escorte “Chevrette” jusqu'à l'île d’Aix”.

Il est assisté dès son départ par l’escorteur américain “Eveline”.Dans la nuit du 17 au 18 mai 1918, trois hommes sont de veille. Sur la passerelle, l’officier de quart et l’homme de barre; sur le gaillard avant un guetteur, personne sur le nid de pie à cause de l’obscurité. Les feux de navigation sont éteints, tous les autres sont masqués et le bâtiment n'effectue pas de navigation en zigzag, comme il est de rigueur à l’époque pour tromper la vigilance des sous-marins.

Les conditions météo sont bonnes: temps clair, mer calme. A 4 heures 51, l’officier de quart distingue dans la pénombre les traits blanc d’un sillage se dessiner sur l’eau à environ 10 mètres du bord. Une explosion retentit sur tribord avant à 10 mètres de l’étrave, l’eau s’engouffre rapidement dans les cales, les machines sont stoppées. Étant imparfaitement cloisonné car construit à la base pour la navigation sur les grands lacs américains, il s’enfonce par l’avant et sombre en 3 minutes .L’équipage a à peine le temps d’embarquer sur les 2 canaux de sauvetage du bord avant d'être récupéré par le patrouilleur “Chevrette”. On déplora la perte du second mécanicien descendu dans la salle des machines pour stopper juste après l’explosion.

Il s'agissait en fait du U-74 commandé par le capitaine E.STEINFORD. Huit jours plus tard prés de Portland, il sera envoyé par le fond suite au grenadage du HMS LORNA.

 

Caractéristiques :

 

LONGUEUR: 82 mètres

LARGEUR: 13 mètres

MOTEUR : 149 chevaux triples expansions

JAUGE NETTE : 2150 tonneaux

JAUGE BRUTE : 1950 tonneaux

ARMEMENT: 1 canon français de 90mn sur l'arrière

ÉQUIPAGE: 32 hommes

Construit en 1890 sur les chantiers Buffalo sous le nom S-C REYNOLDS.

 

En 1902, il prend Le de JOHN G MAC CULLOUGH

 

recherches effectuées le 25/01/2001 par Romain DURAN

Plongée

dessin Hervé Marsaud
dessin Hervé Marsaud

La particularité d'une plongée sur le Mc Cullough est que d'ordinaire l'eau y est très claire.

C'est une épave d'orientation facile, dont la coque compacte est préservée par les les innombrables sacs de ciment qui lui servent de soutient, et qui est traversée par un cable téléphonique transatlantique aujourd'hui hors d'usage. La position très à l'arrière des machines est rare, en effet il s'agit d'un navire qui naviguait sur les grands lacs américains, et qui servait de transport de frêt. Il ne faut donc pas chercher  une poupe à distance. L'étrave est disloquée par l'explosion de la torpille, et on peut y noter la présence de deux grandes ancres à jas.

Plongée du 4 juin 2017

C'est sous un beau soleil et au bout du quai du Canada que nous embarquons dans le semi-rigide "Nautilus Plongée". Cap sur l'une de nos épaves favorites à laquelle nous rendons visite chaque début de saison : le John G. Mc Cullough. Quelques dizaines de minutes de nav' sur le glacis d'une mer sans une ride ou presque mais à la longue houle et nous sommes sur zone.

 

Nous sommes 4 à basculer des boudins, Michou assurera notre sécu surface. Deux minutes de descente plus tard, nous l'apercevons, l'acier américain naufragé, posé là à 48 mètres de profondeur depuis le petit matin 18 mai 1918, lorsqu'il croisa la route du sous-marin allemand U-74. Le cargo, construit pour les grands lacs nord-américains avait vu son destin se sceller dans les eaux vendéennes, à quelques milles dans le sud de l'ile d'Yeu.

 

Presque un siècle plus tard, le vieux vapeur est toujours là, posé sur le sable. Son chargement de sacs de ciment et de pneus plein préserve sa longue coque là où bien d'autres navires contemporains se sont totalement effondrés. La machine est toujours bien droite sur ses supports. Elle est entourée de ses deux chaudières, dont la position à l’extrême arrière, ajoute à l'originalité de l'épave. La visibilité atteignant les 15 mètres nous permettra de faire tranquillement le tour de ce musée sous-marin.

 

Autre particularité du lieu, l'épave est traversée par un curieux câble qui interroge le plongeur qui n'en a pas connaissance. Posé lui dans les années 40 ou 50 et aujourd'hui désaffecté, ce câble téléphonique servit à relier les USA à la France. Les tracés ont voulu à l'époque qu'il passe sur le lieu même du naufrage du John J. Mc Cullough qui, lui aussi reliait à son époque les deux continents. Le bel alcyon qui filtre l'eau vendéenne accroché sur le câble est lui bien loin de ses préoccupations historiques. Encore une fois, le "Mc Cul' ", comme le surnomment de nombreux plongeurs, nous aura offert une très belle plongée.

 

Pascal

Plongée du 16 juillet 2016

Embarquement aux Sabias sur le nouveau bateau de notre ami Sébastien, direction l'épave du Mc Cullough où nous espérons trouver de l'eau claire. A l'ouest, les débuts de la saison de plongée furent comme le reste : aux conditions peu estivales ! Mais ce matin il fait un temps magnifique. Arrivés sur zone, bascule arrière, une belle descente verticale et nous arrivons à hauteur du vieux câble télégraphique (voir au-dessus) que nous nous empressons de suivre. Quelques mètres plus loin, les premiers poissons nous indiquent que nous arrivons sur l'épave du vieux vapeur. Celui-ci, solidifié par sa cargaison de sacs de ciment est toujours fidèle au poste, 99 ans après son naufrage. La visibilité dépasse les 15 mètres mais ce qui s'apparente à une grosse neige sous-marine tombe sur l'acier.

 

Les empilements de sacs de ciment ainsi que les pneus pleins destinés au front et qui gisent là devant nos yeux me font toujours le même effet : je visite un musée sous-marin ! Arrivés à l'extrême avant ou presque, nous ne nous attardons pas et filons vers l'arrière. Car sur le Mc Cullough, navire construit pour les grands lacs d'Amérique du nord, la zone machine et les chaudières se trouvent tout à l'arrière.

 

Après avoir survolé la longue cale maintenant habitée par les homards, congres, lieus et autres poissons aux aspects plus ou moins amicaux, nous arrivons à destination. L'ancien moteur à vapeur est là, toujours bien droit. A ses côtés, les deux chaudières qui autrefois lui fournissaient la vapeur servent maintenant d'abri à la faune locale. Prenant un peu de hauteur, je découvre les têtes de pistons, recouvertes de corynactis, magnifique.

 

Les minutes s'égrènent et il faut rebrousser chemin, aller chercher le mouillage qui nous conduira vers notre monde, la surface et son air libre. Croisant les autres palanquées aussi en balade, nous quittons le John G. Mc Cullough, ses sacs de ciment, ses pneus plein et ses nouveaux habitants. Une très très belle plongée.

 

Pascal

Galerie photos :

Plongée du 24 juillet 2013. Photos et vidéos. Très belle visibilité avec un courant de fond.

Vidéo


C'est à l'occasion de cette balade que je crois avoir découvert mon plus vieux homard


Plongée du 22 septembre 2012

John G Mc Cullough ancien R.C. Reynolds
John G Mc Cullough ancien R.C. Reynolds

Samedi 22 septembre 2012, les conditions météo sont bonnes.

Des "Anges" arrivent sur l'ile pour fêter l'anniversaire de Romain et plonger si possible.

Quelques coups de téléphone pour trouver des plongeurs, plus Michou mon binôme toujours partant heureusement, car une plongée s'organisait le matin même et monopolisait la majorité des plongeurs disponibles. Vu que Frank (qui nous a planté au dernier moment, sympa ... lol ) voulait faire des photos du Mac Cullough, nous décidons de plonger sur cette épave.

14h, et voilà cap au 180 plein sud, le vent du matin tombe au fur et à mesure nous donnant des conditions de navigation agréables. Arrivés sur zone, nous décidons de plonger en dérivante (Jean Phi est en sécu surface). Après une descente sur les 48m, on commence à distinguer la tôle. Le temps que Michou effectue les réglages de sa caméra, je parachute le mouillage en surface et la plongée commence. Nous sommes sur l'étrave et partons cap sur l'arrière. Au passage, une magnifique ancre à jas est posée à côté d'un cabestan. Nous arrivons sur la carcasse des cales où la faune se fait dense: un vrai lit de tacauds, de bogues, et de lieus énormes: je ne sais plus ou poser les yeux. Un coup d’oeil sur mon binôme qui entre dans la cale pour filmer, je me rapproche de lui et là un mola mola (poisson lune)! J'attire son attention pour qu'il le filme mais il l'avait vu avant moi. Nous continuons notre progression vers les chaudières où les congres ont colonisé l'endroit: il y en a partout. La machine énorme envahie de poissons de toute sortes, le spectacle est magique... un coup d'oeil sur le mano et il est temps de remonter à la surface. Nous remontons tranquille en pleine eau en regardant cette épave disparaitre petit à petit, une plongée que je ne suis pas prêt d'oublier.

 

Bruno

Plongée en juillet 2013 avec notre président photographe, pour la première fois la poupe du Mc Cullough se révèle.

Commentaires

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Commentaires : 2
  • #1

    Bertrand Herbillon (jeudi, 09 mai 2013 00:21)

    Bonjour Michel,
    Désolé... une petite question incongrue...
    Sur la vidéo "Mc Cullough des cales à la machine"... quelle est la musique svp ?
    Accessoirement, je suis très fan de vos vidéos...

    Merci pour tout.

    Bertrand
    bherbillon@wanadoo.fr

  • #2

    Michel (jeudi, 09 mai 2013 13:22)

    Il s'agit de Dream Brother de Jeff Buckley (compil de 1994)
    Cordialement
    Michel